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The Pen is Mightier than the Sword

Arlequin

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About Arlequin

  • Birthday 11/25/1980

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  1. Welcome Undines and Lords, Gloria to yours names if you are single Ô beautiful nymph of my mind I confess I love your voice. Ulysse travelled from east to west Crossing adventures and deep sea I don't want to be him, just my memory hurts me : he heard the sirens melody. When I saw a beautiful butterfly walking alone in the street of my city My imagination runned like crazy and my desire My heart broke into thousand piece of despair I had seen thousand and thousand of your kind Semi-naked on the beachs of the azuran sea of my dream. A paradise without any name a blasphem for our all-mighty king. You were different, with your transparent dress Delicat and delicious the form of your little breasts Between your sweet skin and this tiny silk did lie my love and imagination in. I talked to you, laughted with you But now nothing remain from you Only your fragance and the sad true Ô Lords, she was the enemy of yours.
  2. Nulle âme quel fusse humaine ou animale n'aurait osé détourner son regard de cette multitude chatoyante. Ce fut par une nuit fraiche qu'un toit étoilé s'offrit à nous : fantasmagorique cadeau de la divine Nature. Mon maître contemplait les yeux perdus, cette infinie céleste, dans une reverie qui m'attrista. Il était heureux : son coeur était léger, tranquille. Il savait que son heure était proche et que son but avait été atteint. J'en fus profondement troublé puisqu'il n'avait jamais été autant fragile durant notre commun passé qu'en cette nuit. Où donc est passé ce vieux monsieur plusieurs fois centenaires au caractère si changeant et execrable ? Ma jalousie gronda en moi comme une troisième pensée lorsque mes yeux fixèrent la petite silhouette de notre nouvel compagnon. Il était amoureux. Je soupira afin de chasser tous les grognements de mon mecontentement. Me voilà qui réagit comme un garcon qui rencontre le petit bébé que sa maman vient de mettre au monde : une sensation d'abandon, d'inutilité. Les espoirs et la douce attention parentale ont changées de direction. Mon maître était donc amoureux de son nouvel élève. Il ne me cacha pas sa fierté lorsque plus tôt dans la journée, il vient me retrouver après une longue absence de plusieurs lunes. Sur le dos de sa forme féline, se trouvait une svelte silhouette, le poison que j'ai hait avant même de pouvoir la décrire. L'ennemi de ma troisième pensée se prénommait Lisa. D'une taille menue, sa corpulence et les profondes faucettes de ses joues rougies par le froid, trahissaient une malnutrition. Elles avaient les cheveux mi-long, d'un noir jais. Et ses yeux... J'avais dejà durant nos errances à travers le monde connu vu des yeux d'un magnifique vert aussi clair qu'elle. Mais jamais je n'avais rencontré une personne aussi terrifiée, troublée et vide d'expression. Mon maître, à cette occasion, m'avait demandé : "Mon cher élève, je te présente aujourd'hui Lisa. Elle sera mon apprentie comme tu l'es depuis des décenies. Tâche de la proteger de ses tristes tourments." Qui est-elle ? me dis-je en mon for intérieur. Amour? Egale? Rivale?
  3. /Arlequin close his winamp player... There are Easterns and Westerns of europeans sounds... there are asian sounds.... there are african sounds. What a weird mix-up but eventually it's without any doubt a music from the world to the world. Not bad. colorfull, very funny and then very circus.
  4. Salut, Cà fait une paie, pas vrai Voilà, c'est le premier tiers d'une nouvelle que j'écris. J'aimerai ton opinion dessus. Attention : c'est bourré de fautes d'orthographe et de grammaire... j'écris uniquement avec le bloc-notes de windows. Je suis toujours en train de travailler dessus, mais j'aimerai juste que quelqu'un y jette un coup d'oeil. --[snip]-- J'aimais les récits d'aventure que me contait mon grand-père. Cet homme, qui s'en alla sans mot dire pendant sa sièste quotidienne, avait été le plus intripide des mercenaires servant notre souverain. De ses épopées, ses combats et ses périlleuses aventures, je les suivais comme tout enfant de mon âge, avec un intêret et emmerveillement sans précèdant. Notre souverain aimait payer des bandes de mercenaires, pour la plupart des hordes assoiffées de sang, afin de remplir toutes sortes de sales besognes telles que les intimidations musclées, et le pillage des régions endettées incapable de payer leurs impôts royaux. Cela me fascinait. Ce fut lors d'une de ces missions "royales" que mon grand-père fut épris d'amour pour une jeune paysanne de 14 ans. Il en avait atteint 43, un âge fort avancé pour un mercenaire. Après cette rencontre, il se décida à quitter sa troupe; une affaire facilitée par un édit royale stipulant que les mercenaires devaient être insouciants, forts et surtout jeunes. Il la ramena donc dans son village natal, et là, elle devient sa femme. Encore aujourd'hui, j'ai la plus grande peine à appeler cette personne ma grand-mère puisque je ne l'ai jamais connue. Elle mourut jeune, peu de temps après la naissance de mon père. A cette époque qui fut celle de mon enfance, mon père était un alcoolique. Pour dire vrai, je ne l'avais vu sobre qu'une seule fois : le jour de l'enterrement de mon grand-père. Le prêtre faisait son sermont, et j'entendais mon père marmonnait des vérités sur sa déchéance. Lorque la terre commença à recouvrir le linge qui faisait office de cercueil, mon père s'en alla. Je le revit 2 jours plutard. La faim le tirallait. A peine, son repas avalait qu'il le vomit à plusieurs reprises. Un vomit, vous vous en doutez qui avait une saveur d'alcool. Les autres villageois me félicitait de tant de patience. Je n'avais pas suivi la débauche paternelle. A mon age, il fréquentait dejà de mauvaises fréquentations qui conduisirent un beau matin à l'apparition d'un bébé sur le pas de sa porte. Le grand-père me recueillit, me baptisa et m'éleva. Pour mon père, ma naissance fut également celle de son amour pour la boison de mauvaise qualité. Des années plutard, mon grand-père m'expliqua que ma mère venait me visiter de temps en temps quant père n'était pas là. Puis ces visites s'étaient estompées avec le temps, pour finalement s'arrêter : elle s'était mariée, et ne se souvenait plus du petit garçon, fruit impur de ces entrailles. Après mes cours à l'école, quand j'apercevais mon père dans le canivau en train de roupiller parmi la vermine, je pardonnais à ma mère. Alors je laissais cette dépouille vivante là où elle se trouvait, et je courais voir mon grand-père, faire à diner, réviser et devenir quelqu'un dont on sera fier. Ma mère, malgré mes efforts et ma bonne réputation à travers la bourgade qu'était devenu notre village, ne m'avait jamais reconnu. Seul le prêtre de notre paroisse avait osé défier l'ordre et la légimité des naissances, en me proposant d'entrer à l'école privée, où l'on enseigne l'art, les bonnes manières et une vie basée sur l'orgueil pécunier. Rapidement accepté comme l'élève à connaître à cause de mes origines sociales, mes yeux se posèrent sur une fille timide, isolée et la risée de tous ces camarades. Les parents de cette Cassandra, des joueurs invétérés, avaient perdu une fortune collosale. Je gagea lorqu'un éléve me dit la somme perdue, que je n'en gagnerai jamais autant dans toute ma vie. J'avais tort. Mais à cet instant j'avais surtout compris une vérité que nul ne pouvait vraiment sonder rien qu'en utilisant les yeux... notre monde, certes prospère et libre de toutes guerres, étaient partagés en deux castes : les riches dont l'argent ne s'acquiert que par naissance, et les pauvres dont l'argent servait uniquement à payer les riches, la boisson et de quoi nourir les nouveaux nés. Et puisque les deux castes ne se mélangeaient jamais, j'avais pû voir durant ma fortuite scolarité une vérité humaine. Cette vérité s'appelait Cassandra. Dans la caste des riches, nous trouvions également notre lot d'alcoolique et de violeurs. Et Cassandra en était une des victimes. Lorsque je fus en âge de traîner une hache, mon grand-père m'ammenait dans les bois, trois fois par semaine. Nous y rencontions toujours les XXX. Une famille de bûcherons dont le savoir et la force se transmettaient de père en fils comme un noble transmet son héritage à son flis ainé. Quand j'acquierit enfin la force nécessaire pour soulever la hache au dessus de ma tête, mon grand-père me laissa entre les mains des deux fils ainés de la famille XXX, Y et Z. Pendant mon labeur, mon grand-père s'assoupissait paissiblement contre un chêne centenaire et ne se réveillait seulement après de longues heures d'un repos troublé par les pleurs des oisillons quemandant sans cesse plus de nourriture. Y m'appris à frapper avec précission les buches afin de les fendre en deux parts égales, tandis que Z se contentait de se moquer de la tremblotte dont souffrait mes bras après plusieurs heures d'intense exercice. Tous les soirs je supliais mon grand-père de m'apprendre à utiliser une épée et à me battre comme le soldat qu'il fut jadis. Il s'entêta de hocher la tête, et malgré ma flagrante déception, je le suivais toujours dans les bois pour y lever une hache et de l'abattre encore et encore. Les premiers mois furent les plus douleureux. Je ressentais une douleur atroce partout dans mon corps, et pas seulement comme je l'aurais pensé dans mes bras. Le travail de la forêt soumettait à chaque bucherons un corps parfaitement musclé et travaillé. Aujourd'hui je comprends pourquoi mon grand-père m'avait forcé à taillader des bûches dès l'âge de 6 ans. Sans que je puisse m'en rendre compte, petit à petit, je supportais parfaitement ce travail au point que les séances devenaient pratiquement quotidiennes. Elles prirent fin néanmoins à la mort de mon grand-père et à ma nouvelle vie de collègien. C'est seulement des années plutard, quand je compris l'importance d'un entrainement rigoureux et répété, voir rébarbatifs. Mon grand-père ne m'avait jamais vraiment raconté en quoi consistait le travail dans son camp de mercenaire pendant les périodes calmes. Il lui était inutile d'expliquer une routine, si bien ancrée dans la peau, quand il pouvait me la faire connaître. Toute chose n'est pas éternelle. Un jour, lorsque je rentra ma salle de classe, je fus surpris de constater que j'étais devenu le nouveau vilain petit canard. Durant toute cette journée, je n'ouvris pas la bouche une seule fois. Mes camarades m'évitaient, leur regards me fuyaient. Les filles, visiblement, n'étaient plus attirés par ma force physiques. Je savais que le silence allait dans les jours à venir devenir railleries, messes basses et bien évidement je ne serais plus inviter aux anniversaires. J'entrepris de comprendre la raison de ce revirrement. La veille, le pretre qui nous faisait office d'instituteur m'addressa la parole pour la première fois depuis mon arrivée dans la classe. Ou plutôt je mettais, impolitement, fait interroger. - "Je suis navré de constater que personne n'a retenu comment notre souverain a introduit la loi DECEM à toutes nos provinces conquises ou sous notre autorité." avait lancé le prêtre. La question qu'il avait soumis à notre classe concernait la création d'édit royale suite à la contestation de son autorité par un rebelle. Je connaissait bien évidement la réponse puisque mon grand-père m'avait maintes fois contés cette anecdote de son histoire. - "Monsieur, je connais cette réponse." avais-je répliqué tout en me levant. Les 16 paires d'yeux me dévisagèrent comme j'avais la peste. Je remarque que les yeux bleus et innocent de Cassandra, et plein d'arrogance je commença à conter le récit de mon grand-père. "Il y a 29 ans, dans la contrée de RRR. Cette région nouvellement conquise par notre magicien de roi fut dirigée un gouveneur aimant la chair et les fêtes. Il organisa donc un banquet grandiose en l'honneur de nos valeureux guerriers, contre l'avis de tous ses conseillers et assistants. Malheureusement, la région a été appauvri à cause de maintes années de conflits et pillages, et nombreuses furent les oreilles vexés d'un tel luxe. Pendant que les festivités battaient leur plein. Un homme, un rebelle du nom de GGG, se présenta devant le gouverneur, et lui dit les maux qui frappaient la région : famine, épidémie, mort. Le gouverneur,vexé qu'on lui gache ainsi cette fête, ordonna que le rebelle soit emprisonné et envoyé au jugement en presence de notre roi. Le sage roi comprit l'erreur de son gouverneur, pourtant il ne pouvait punir le rebelle à cause de son noble acte. Néanmoins l'autorité royale avait été baffouée et si par malheur le bruit se répandait, d'autres provinces pouvaient y voir une faiblesse et fourfoyer des révoltes. Alors il prit sa décision : un édit de loi nommé DECEM. Afin de l'appliquer, il envoya une de ses troupes de mercenaires dans la province incriminné, avec l'ordre de décimer la population. Ce qui signifia que 10% des hommes, femmes, enfants furent choisi par loterie, et executé sur le champs. Désormais, lorsqu'une personne critiquait l'autorité royale et son représentant légitime, la population s'exposait à cette nouvelle loi aveugle." Je parla d'un trait, pressé de peur que l'on puisse me couper. Quand je me tue enfin, le prêtre m'ordonna de me rassoir, et en guise de récompense j'obtiens une punition. J'avais osé parler sans son accord. Alors que mes camarades me regardaient avec étonnement, Cassandra me sourit. Rien que pour ce sourire gagné, je pouvais supporter les mois d'enfer et d'ignorance que j'allais désormais devoir subir. --[snip]--
  5. L'homme, habillé d'un sale manteau encapuchonné, se dirige vers la taverne de Lord BelZpock, l'ancien et tout just récent chef de ce pauvre voyageur. La taverne est encore vide. L'homme est arrivé très tôt afin de se préparer avant de revoir des têtes famillières. Il s'assoit près de la cheminée et sort d'un sac troué de toutes parts, quelques livres poussièreux. "Alors c'est lequel... ?" se dit-il en prenant le premier des livres. "Le japonnais pour les nuls? non pas celui-là!" "La cuisine des pauvres? non." "La magie pour les très mauvais barbares? nada." "Comment élevez un dragon sans se faire manger? argh pas lui non plus... d'ailleurs en utilisant ce livre ton espèrance de vie diminue fortement." "L'anglais for beginner? Ahh je ne comprend pas le titre. Cà être celui-là" L'homme tourne les pages avec un tel sérieux et une concentration si inhumaine, qu'il ne s'est pas rendu compte de l'arrivée d'un certain nombre de chevaliers, tout brillant de pureté et de prestige, ainsi que d'un mouton... L'homme absorbé par son compliqué grimoire, commence à murmurer des phrases de lui seul compréhensible... Les chevaliers le regardent sans le reconnaître et en gardant leur distance... visiblement l'homme d'où qu'il vienne, n'a pas dû prendre de bain depuis un très long moment. Puis d'un coup brusque, triomphant, il se lève et face à la cheminée, il se dit : "Voilà j'ai enfin appris la plus importante des phrases à dire quand je rencontrerai mes anglais de copain." Sur le livre ouvert, nous pouvons lire 'Les milles façons de saluer les gens' Et quand il se retourne, il aperçoit enfin la troupe qui le scrute avec beaucoup d'attention... le reconnaissent-ils ? L'homme prend les devants. Il s'avance vers le chef de cette troupe, et s'exclame dans le pire accent français qu'il puisse exister : "Whaire iz ze bath ? and ze foud ? " ...
  6. hmm... we should translate it into French Well... it's come from the english version of Appy. --[snip]-- Souvant, Souvant ils dérobent mes mots Ceux qui sont là, pourtant je puis parler Souvant ils dérobent mes images Celles qui sont là, pourtant je puis voir Souvant ils dérobent mes sons Ceux qui sont là, pourtant je puis entendre Mais jamais mes sentiments ne disparaissent Ceux qui sont là, pourtant je puis vivre. --[snip]-- I guess I changed a bit the meaning of the original work... It's more sad in french.
  7. Arlequin

    Symbols

    ah thank you... I was looking for the Å of Ålamut
  8. Very beautiful. Please accept my modest correction : Ma tristesse devient ma seule amie, Je reste toujours immobile, Sur mon balcon. Il neige à minuit, Et je compte les flocons jusqu'à mille. Ils plongent doucement sur la terre, Comme le bonheur que j'avais. Cette fille qu'un amour je feutre, Elle ne le connaîtra jamais. Eperdu, tel un petit glaçon, Dans les toiles de l'amour. Soit patient, pauvre petit garcon, Il t'arrivera un jour. --- I just tried to keep the rythms.
  9. Yes it was really good. The rythm was nice, and the meaning interesting.
  10. D'Encre Noire et de Neiges Froides, -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Pour une raison qui dépassait même son entendement, par une nuit d'hiver particulièrement rude, cet homme avait pris la décision d'écrire son histoire. Grand Dieu, il avait tellement connu et parcouru ce monde qu'il se retrouvera à court de papier avant même d'avoir fini le préambule de sa vie. Chose étrange il connaissait mieux que quiconque ses limites littéraires. Il n'avait aucun talent pour l'écriture. En arrivant la veille, dans ce petit village de campagne, il avait loué la plus chère des chambres de la seule auberge. D'abord, il s'était installé confortablement, à son aise ; puis s'était affairé à la tâche qu'il s'était fixée... remplir toutes les feuilles de papier achetées tôt dans l'après midi. "Mon seigneur a de la chance, voilà le dernier flacon qu'il me reste." Lui avait soufflé le marchant, alors que notre homme s'apprêtait à le payer pour une plume, de l'encre et des feuilles de papier. Dans cette région reculée du royaume, l'encre était chère car plus que rarissime. Trouver sur un coup de tête de l'encre noire, seulement secrétée par une espèce bien particulière de pieuvre, était preuve que cet homme-là était un personnage étrangement bien chanceux, et bien plus que l'ordinaire. Et pour cause il avait survécu à toutes les épreuves sans subir la moindre blessure et le moindre échec. Il était la fierté de son employeur, et l'illustre modèle de ces cadets. La nuit était déjà bien avancée, et l'homme marmonnait, ronchonnait, soupirait et déchirait feuille après feuille. "Pourquoi suis-je incapable de partager ma mémoire aux autres ?" se répètait-t-il sans cesse pendant qu'il se penchait pour ramasser une nouvelle feuille vierge. Celle-ci, il la regarda fixement, puis se résolu à refermer le flacon d'encre noir et à poser dans son étui la plume usée de ces heures d'écritures infractueuses. "Bon, je comprend mieux qui je suis." En même temps, il plia en quatre la feuille blanche teintée d'or et de feu à cause du reflet de la bougie, puis la rangea machinalement dans sa poche. Il s'apprêtait à faire une sortie nocturne. L'homme prit avec soin et délicatesse, comme on prend dans ses mains un oisillion tombé de son nid, ses deux longs couteaux qu'il glissa rapidement mais méticuleusement dans les deux fourreaux dissimulés derrière la ceinture dans son dos. Il enfila son manteau noir et son écharpe de la même couleur. Tout le village était endormi, aussi bien les villageois que les bêtes. Dehors, la neige tombait par à-coup, prisonnière de la volonté du vent. En sortant, il ferma sa chambre à clef et descendit le long escalier menant à la salle commune de l'auberge sans le moindre bruit, ni hésitation. "Peut-être suis-je de la même espèce que cette neige? Elle donne tant l'impression par sa blancheur d'être pure et innocente, mais bien vite nous la maudissons pour le froid qu'elle provoque. Pourtant en regardant bien, en cherchant bien la nature même des choses, elle est pliée par la volonté du vent, le véritable chef d'orchestre de cette neige, celui qui apporte le froid tant haït. Je suppose que sans le vent qui porte jusqu'au dessus de nos têtes tous ces nuages gris enneigés, nous n'aurions pas froid." Ces paroles tournaient sans cesse dans la tête de l'homme. Il serra un peu plus son écharpe autour de son cou et enfonca sa tête à l'intérieur de son manteau. Puis d'un pas décidé, il s'enfonça un peu plus dans le blizzard de cette nuit d'hiver. L'homme avançait dans la plus profonde obscurité de la nuit : à cause de la neige, il ne pouvait allumer de lanternes. Cela ne le gênait en rien, ses pieds le guidaient instinctivement vers sa destination. Il marchait certes à l'aveuglette mais à grand pas, pendant une bonne demi-heure. Sa promenade prit fin lorsque, arrivé devant le portail d'une grande propriété, il marqua une pause. Bien qu'il soit trop loin pour apercevoir la maison qui se situait au fond du jardin, il se souvenait encore à quoi elle ressemblait. C'était le manoir du baron, gouverneur de la petite province où il se trouvait. Il s'en souvint très bien, puisqu'il avait prit le thé à l'intérieur du salon de ce manoir, en début d'après-midi. Pendant un moment qui lui avait semblé court, il avait tenu compagnie à la jeune maîtresse des lieux, la fille du baron. Elle était chaleureuse et souriante malgré l'approche des nuages plein de froideur et d'obscurité. Elle lui avait avoué tout en continuant de siroter son thé fumant qu'elle désirait, plus que tout au monde, parcourir chacune des contrées de notre royaume et d'écrire tout ce qu'elle y verrait et y entendrait. L'homme était visiblement troublé par le rêve enfantin de cette demoiselle qui avait toujours grandi sans le moindre souci. Pourtant l'emphase et le ton sérieux de la jeune maîtresse l'intéressaient grandement. Le rêve, dont il fut question au milieu des gâteaux et de plusieurs tasses de thé, était celui de devenir une romancière reconnue, non seulement par la Cour Royale et ses nobles sujets, mais également par tous les enfants qui apprendront un jour à lire grâce à ses contes. Après sa brêve entrevue avec le baron, l'homme qui se disait être un messager de son Altesse Royale, par une étrange impulsion, s'arrêta devant la vitrine de ce magasin où l'on vend divers articles de hautes factures. A cet instant, il avait juré sur les nobles intentions de cette candide fille gâtée, et avec l'arme de la plume, il avait résolu de lui expliquer que le monde n'était tout sauf bonnes intentions et bonheurs. Il acheta finalement son matériel d'écriture. Chassant toutes ses pensées, il ouvra sans grande difficulté le portail d'entrée et se faufila tranquillement à l'intérieur de la propriété baronnale. Les chiens était dans leur chenil, grelotant de froid, alors il se décida à marcher. Arrivé devant la porte principale du manoir, il se dit à voix basse "Demain, quand ma besogne sera terminée, je prendrai quelques jours de congés et je recommencerai." Dans l'après midi, quand il avait acheté son matériel de scrib, il n'imaginait pas qu'écrire lui prendrait autant de temps et de concentration. La main sur la poignée de la porte, il lacha un léger soupir de tristesse : il avait avec une certaine assurance annoncé au veillard du magasin qu'il aurait besoin que de quelques heures. Ce dernier lui avait répondu par un unique sourire, cela avait mis l'homme en colère. Dans ce village, le vol était aussi rare que de trouver un trèfle à quatre feuilles, il trouva la porte non verrouillée qu'il ouvra avec précaution, afin de s'engouffrer dans la chaleur du hall d'entrée. Quelques flocons de neige se sétait infiltrée en même temps que lui, mais il n'en tena pas compte. Il s'avanca dans le noir sans grande difficulté, il connaissait les lieux puisqu'il était déjà venu dans la journée. A droite se trouvait le salon dans lequel il avait pris le thé avec la demoiselle. Il monta donc à l'étage vers le bureau du maître des lieux qui lui servait également de chambre à coucher. Après avoir gravi les marches de l'escalier, il s'arrêta surpris de voir de la lumière s'échapper sous la porte d'une des chambres à droite. Hormis le bruit du vent et de la neige tombante, aucun bruit ne se faisait entendre. Il passa devant cette porte et continua son chemin vers le fond de ce couloir. Désormais devant la dernière porte, il marqua un temps de réflexion. Il prit une profonde inspiration avant d'ouvrir cette porte. La pièce, où il se trouvait, était aussi sombre que le couloir. Le lit était à sa droite et le baron dormait avec un léger ronflement. Il était seul dans ce grand lit. Sa femme avait été emportée par la maladie peu de temps après la naissance de sa fille. L'homme s'avança désormais sans la moindre hésitation. Il trancha, avec un de ces couteaux, la gorge du dormeur qui fut destiné à ne plus jamais se réveiller. Pour conclure son funeste travail, il avait pris le temps d'essuyer son couteau avec les habits du défunt. De retour dans le couloir, il tomba de stupeur : la porte dont la lumière s'échappait, était désormais grande ouverte. La fille du baron se tenait debout au milieu du couloir. Elle regardait, terrifiée, cet homme en noir qui en un clin d'oeil venait de poser violament la main sur sa bouche. "Pas un mot" dit-il en entrainant la fille dans la chambre. Elle fixa de ses yeux effrayée, cet inconnu qui venait de la poignarder. De minces larmes se mettaient à couler sur ses joues encore laiteuses. Elle s'écroula sur son lit, tremblante, les deux mains sur la blessure saignante. Il ne la baillonna pas : cette fille avait perdu la force d'émettre le moindre son. L'homme la contempla un instant, puis se dirigea vers le bureau qui longeait la fenêtre. Loin de l'image d'un bureau bien ordonné comme il pouvait se l'imaginer d'une fille de noble descendance, il se trouvait devant un fouilli inimaginable de feuilles, de cahiers notés et annotés, de plumes et d'encres. Nombreux de ces flacons d'encres noirs étaient déjà vides, son père avait certainement dû dépenser une fortune pour satisfaire les caprices de son unique fille. D'habitude, non intéréssé par la vie de ses victimes, cette nuit-là il avait pris le seul cahier ouvert. Personne ne risquait de venir le déranger. Selon toute vraisemblance, elle était en train de le remplir. Il retourna le cahier et sur la couverture il pût lire "Journal Intime n°6 - Papa ne le lit pas cette fois!" Il siffla silencieusement de respect : elle aurait déjà remplit 5 de ces cahiers, se dit-il à lui-même. Intrigué par son contenu, il revint à la dernière page en cours. "Aujourd'hui, la neige est tombée en début de soirée, et tombera certainement jusqu'au petit matin. Demain j'irai donc au village pour échanger du bois sec contre de l'encre. Je suis à cours et le marchand, gentil et attentionné, m'a toujours mis en réverse un flacon pour que jamais je ne puisse m'arrêter d'écrire. Il veut plus que tout au monde avoir le plaisir de lire mes futures aventures, haha. Je l'en remercie grandement, il est mon plus précieux support pour cette difficile tâche. Oh je n'oublies pas père qui a le privilège de lire en premier mes poèmes, ni non plus les valets et servantes de notre maisonnet. Tous sont gentils avec moi. Cet après midi, j'ai prit le thé avec un homme... fort séduisant et poli. Mon coeur battait la chamade, et j'ai bien peur de l'avoir ennuyé pendant son attente. Je me demande s'il est vraiment messager ? Et s'il l'est vraiment, quel genre de mésaventure à pu conduire un homme d'une si grande intelligence à la position de messager, donc de servant. Ah j'espère que je le reverrai un jour. Je n'arrête pas de penser à son triste sourire, j'aurais tant voulu qu'il m'ouvre son ......" Le texte s'arrêtait là. Des larmes s'échappaient des yeux de cet homme décrit, rougis par l'émotion, et coulaient sur des joues devenues humides de chagrin. Il se retourna. Il ne voyait que le sang qui recouvrait le ventre de la fille. Ce sang avait la même couleur que l'encre noir. "Tu... tu es la personne de cet après midi ?" La fille prononca ces premiers mots depuis l'incident d'une voix tout juste audible. Il se précipita à ses côtés, s'assit sur un rebord du lit, et lui caressa son front froid. "Ne parle pas, je t'en prie garde tes forces. Je vais te conduire voir un médecin." Il chuchota cela d'une voix pressante et plaintive. "Pourquoi? Tu es venue tué mon père, n'est-ce pas?" "Oui, mais je ne veux pas que..." "Je le savais quand je t'ai vu pour la première fois. Je lisais de ton sourire qui était si triste, que tu n'étais pas une personne ordinaire... comme un héros mystérieux d'un livre d'aventure." Elle finissa sa phrase en tousant. Sa respiration était devenu de plus en plus forte et difficile. "Ne parles pas je t'en supplie." L'homme ne savait plus quoi faire. Il n'avait jamais resenti la moindre pitié pour ses victimes. Mais aujourd'hui il était en train de goûter à une douleur qu'il n'avait jamais ressentie auparavent. Son coeur était sur le point d'exploser. "Tu pleures, pourquoi? Tu es un drôle d'assassin. Je suis décue." La fille avait levée sa main droite et l'avait posée sur une joue de l'homme. Ses yeux fixaient le plafond, vides. L'homme prit la main ensanglantée de la jeune fille dans la sienne. "Tu n'as pas le droit de mourir... Je... J'ai acheté une plume à cause de toi." La fille ne répondit pas, elle se contenta de tourner la tête, et lui souria. Ce sourire, elle lui avait déjà offert pendant le thé, un sourire sans haine rempli de tendresse. "Je voulais te faire connaître le monde dans lequel je vis. Le monde réel... Je ne voulais pas que tu t'y risques. Je ne voulais pas." "Egoiste..." En prononcant ce mot, elle émit un rire étouffé, puis parla à nouveau : "Dites, je suis une fille gâtée à la vie facile, et je suis 'égoiste' moi aussi, alors s'il vous plaît serrez moi dans vos bras." L'homme, maladroitement, s'éxécuta sans dire un mot. Il la serra tendrement, puis relachant son étreinte, il l'embrassa. Quand leurs lèvres se s'éparèrent, il crut entendre un merci. La tête de la fille retomba sur les genoux de l'homme. Elle venait de s'en aller, un sourire aux lèvres, heureuse d'avoir aimé même un bref instant. Un lourd silence pesait dans cette chambre. L'homme, lui, resta un moment assis à regarder le visage endormie de la fille sur ses genoux. Il continua de lui caresser les cheveux. Avant de retourner à l'auberge, il déposa la fille dans son lit, avec soin et l'embrassa une dernière fois. "Un baiser d'adieu, celui des livres d'aventure." lui chuchota-t-il à l'oreille. En quittant les lieux, il claqua la porte d'entrée le plus violement que sa propre colère le lui permettait, puis s'enfouit en courant dans la tempête de neige froide, plus furieuse que tout à l'heure en direction de l'auberge, à l'autre bout de la ville. Le lendemain, la nouvelle de l'assassinat du baron se répandit comme une trainée de poudre. Mais à cet instant-là l'homme avait abandonné le village. Il décida de ne pas faire son rapport à son employeur. En fait, il n'avait pas l'intention de le revoir. Il voulait pouvoir honorer la mémoire de cette jeune fille aimante. Dès lors, son long voyage solitaire commença. Armé de sa plume, il s'en alla sur les chemins de tout le royaume pour y écrire tous les folklores locaux et toutes les aventures dans lesquelles il sera forcément entraîné... De nos jours, cet homme ne porte plus de nom d'emprunt. Il parcoure les routes de notre royaume sous le nom de Chris Chantal, faute de se souvenir du sien. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------
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